Nouveau congé de naissance 2026 : ce qui change vraiment pour les parents


Adopté définitivement le 16 décembre 2025 dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (PLFSS 2026), le nouveau congé supplémentaire de naissance marque une évolution importante du droit du travail et de la politique familiale en France.
Présenté comme une réponse à la baisse de la natalité et aux difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, ce nouveau dispositif vise à offrir aux parents du temps supplémentaire auprès de leur enfant, tout en garantissant une indemnisation plus élevée que le congé parental.
Durée, bénéficiaires, indemnisation, démarches, obligations pour les employeurs : voici un décryptage complet, clair et à jour du nouveau congé de naissance prévu pour 2026.
Qu’est-ce que le nouveau congé supplémentaire de naissance ?
Le congé supplémentaire de naissance est un nouveau congé indemnisé qui vient s’ajouter aux dispositifs existants :
• congé de maternité
• congé de paternité et d’accueil de l’enfant
• congé d’adoption
Il ne remplace aucun de ces congés. Il intervient après leur expiration, afin de prolonger la présence des parents auprès de leur enfant dans les premiers mois de vie.
L’objectif affiché par le gouvernement est double :
• offrir une alternative plus courte et mieux indemnisée que le congé parental
• favoriser un meilleur équilibre entre parentalité et emploi
À partir de quand le congé de naissance s’applique-t-il ?
Le nouveau congé supplémentaire de naissance concerne :
• les enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026
• ainsi que les enfants nés avant cette date lorsque la naissance était initialement prévue en 2026
Le calendrier a fait l’objet de nombreux débats parlementaires. Initialement envisagé pour juillet 2027, le dispositif a finalement été avancé au 1er janvier 2026.
Attention : la loi prévoit cette date, mais l’application concrète dépendra de la publication de décrets d’application (indemnisation, délais de prévenance, modalités pratiques). Un léger décalage de mise en œuvre reste donc possible.
Qui peut bénéficier du congé supplémentaire de naissance ?
Les salariés du secteur privé
Peut bénéficier du congé supplémentaire de naissance le salarié qui a bénéficié et épuisé :
• un congé de maternité
• un congé de paternité et d’accueil de l’enfant
• ou un congé d’adoption
Le principe est simple : le nouveau congé s’ouvre à l’issue de ces congés légaux.
Une exception est toutefois prévue lorsque le salarié n’a pas pu exercer tout ou partie de son congé initial faute d’avoir pu bénéficier des indemnités, dans certains cas spécifiques.
Les deux parents peuvent-ils en bénéficier ?
Oui. Chacun des deux parents peut bénéficier de ce congé, à titre individuel.
Concrètement, cela permet d’ajouter jusqu’à 4 mois de présence parentale pour un enfant :
• jusqu’à 2 mois pour un parent
• jusqu’à 2 mois pour l’autre parent
Fonction publique et agents stagiaires
Le dispositif est également ouvert aux agents de la fonction publique. Les débats parlementaires ont étendu le bénéfice du congé à certains agents stagiaires de l’État.
Quelle est la durée du nouveau congé de naissance ?
Le salarié peut choisir entre :
• 1 mois
• 2 mois
Ce choix appartient au salarié. L’employeur ne peut ni imposer une durée ni refuser le principe du congé si les conditions sont respectées.
Le congé peut-il être fractionné ?
Oui. Le texte définitif autorise le fractionnement en deux périodes d’un mois, selon des modalités qui seront précisées par décret.
Cette souplesse vise à permettre une meilleure adaptation aux contraintes professionnelles et familiales.
Le congé peut-il être pris en même temps par les deux parents ?
Oui. Après plusieurs modifications du texte, aucune obligation de non-simultanéité n’a été retenue.
Les parents peuvent donc :
• prendre le congé simultanément
• ou le prendre à des périodes différentes
Le choix appartient entièrement aux parents.
Faut-il l’accord de l’employeur ?
Non. Le congé supplémentaire de naissance est un congé de droit.
L’employeur ne peut pas s’y opposer dès lors que le salarié :
• remplit les conditions légales
• respecte le délai de prévenance
Il ne s’agit pas d’une demande d’autorisation, mais d’une information formelle.
Quel délai pour prévenir l’employeur ?
Le délai exact sera fixé par décret. Le texte prévoit une fourchette comprise entre :
15 jours et 1 mois
Ce délai pourrait être réduit lorsque le congé est pris immédiatement après un congé de paternité ou d’adoption.
Dans quel délai le congé doit-il être pris ?
Le congé supplémentaire de naissance devra être pris :
• soit immédiatement après le congé maternité, paternité ou adoption
• soit après une période de reprise du travail
Une date limite maximale sera fixée par décret (le Sénat évoquait la fin du 9ᵉ mois de l’enfant, sans que cela ait été définitivement retenu).
Quel impact sur le contrat de travail ?
Le congé entraîne la suspension du contrat de travail.
Cependant :
• la période est assimilée à du temps de travail effectif pour l’ancienneté
• le salarié conserve l’ensemble des avantages acquis
Le salarié ne peut exercer aucune autre activité professionnelle pendant ce congé.
Quelle indemnisation pendant le congé de naissance ?
Le salarié ne perçoit plus son salaire, mais peut bénéficier d’indemnités journalières versées par l’Assurance maladie (CPAM).
Conditions générales
Pour être indemnisé, le salarié devra notamment :
• cesser toute activité professionnelle
• remplir des conditions de cotisation et d’affiliation
Ces critères précis seront fixés par décret.
Montant de l’indemnisation
Le montant définitif sera déterminé par décret. Toutefois, le gouvernement a indiqué que l’indemnisation pourrait atteindre :
• 70 % du salaire net pour le premier mois
• 60 % du salaire net pour le second mois
Le montant sera plafonné et pourra être dégressif.
Fin du congé et retour en entreprise
Le congé prend fin à l’échéance prévue (1 ou 2 mois). Une reprise anticipée est possible en cas de :
• décès de l’enfant
• diminution importante des ressources du foyer
À l’issue du congé, le salarié retrouve son poste ou un emploi équivalent avec une rémunération au moins équivalente. Il bénéficie d’un entretien de parcours professionnel, sauf s’il a déjà eu lieu après un congé maternité ou adoption.
Le salarié est-il protégé contre le licenciement ?
Oui. L’employeur ne peut pas rompre le contrat pendant le congé, sauf :
• faute grave
• impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la naissance
Congé supplémentaire de naissance et congé de naissance de 3 jours : attention à la confusion
Le congé de naissance de 3 jours reste inchangé. Il s’agit d’un congé pour événement familial, obligatoire, qui précède le congé paternité.
Le nouveau congé supplémentaire de naissance est un dispositif distinct, plus long, indemnisé par l’Assurance maladie.
Ce qu’il faut retenir
• Jusqu’à 2 mois indemnisés par parent
• Applicable aux naissances et adoptions à partir de 2026
• Congé de droit, sans accord de l’employeur
• Indemnisation annoncée jusqu’à 70 % du salaire net
• Décrets encore attendus pour les modalités finales

Camille Bérard
Camille a 34 ans et un Master en droit privé. Elle est aujourd’hui rédactrice web spécialisée dans les sujets juridiques, patrimoniaux et familiaux. Son expertise lui permet d’expliquer des concepts souvent complexes avec pédagogie, clarté… et sans jargon. Elle s’attache à proposer des contenus pratiques, bien sourcés, et toujours utiles au quotidien.